La sous-traitance dans le métier de consultant
La sous-traitance est très pratiquée par des cabinets de conseil ayant pignon sur rue. Il s’agit de sous-traiter tout ou partie d’une mission à un consultant indépendant.
Cette pratique me semble saine car
Elle permet à ces cabinets :
- de faire face ponctuellement à une surcharge de travail
- de réunir les meilleurs spécialistes pour une mission particulière
Elle permet également à des consultants indépendants :
- D’accéder à des consultations généralement réservées aux grands cabinets de conseil
- D’accéder de ce fait à des missions très intéressantes
- De travailler en équipe
- De confronter régulièrement ses méthodes et processus
- Dans certains cas, de disposer d’une activité minimale régulière
Le consultant se doit impérativement de respecter la notion de « client ». Le client est celui du cabinet et le consultant s’interdit d’essayer de travailler en direct, et ce pour la mission en cours ou pour les missions futures.
Bien entendu, le travail fourni par le consultant doit respecter les règles d’éthique et de professionnalisme. Il n’est pas question pour un consultant de négliger un client au profit d’un autre sous prétexte que le premier est acquis en sous-traitance.
On constate généralement deux cas de figure
- Le cabinet dispose d’une mission acquise et il doit en assurer la « production ».
C’est le cas le plus confortable. Le budget est acquis pour le cabinet. Il suffit de définir les modalités d’intervention.
- Le cabinet est en compétition pour obtenir une mission
Ce cas est plus délicat et il est impératif de connaître les tenants et aboutissants de la consultation afin d’évaluer l’opportunité de l’investissement en temps nécessaire. Un cabinet sérieux proposera néanmoins un dédommagement, voire le paiement des honoraires pour la rédaction de sa proposition commerciale.
Attention néanmoins
- Il est dangereux pour un consultant indépendant de dépendre totalement (ou presque) d’un seul cabinet.
- Il faut veiller à ce que l’apport soit interactif. Le cabinet doit apporter sa propre valeur ajoutée (méthode de travail, réunions d’équipe etc.). Dans le cas contraire, le cabinet se rapproche plus d’un apporteur d’affaires, ce qui limite l’intérêt à long terme de ce type de partenariat.
- Le consultant doit s’assurer que le cabinet respecte les règles de base. Sauf accord spécifique, le temps passé doit être rémunéré intégralement (préparation, proposition commerciale, frais de déplacement). Certains cabinets peu éthiques exagèrent l’investissement demandé au consultant indépendant : participation à des réunions non rémunérées, rédaction non rémunérée de la proposition commerciale etc…
- Le consultant doit être payé dans des délais raisonnables (30 jours par exemple). Le fait que le cabinet soit payé ou non par son client ne doit pas être un argument avancé pour retarder le règlement (cette avance éventuelle de trésorerie est prise en compte dans la marge du cabinet).
- Ce type de partenariat, s’il peut apporter une sécurité (toute relative) au consultant, lui coûte cher car les cabinets retiennent de 30 à 60% (pour les plus gourmands) sur les honoraires facturés au client.
© Christophe SCHMALTZ – CHARLIE MIKE – janvier 04