Du prix d’un consultant
Le niveau d’honoraires d’un consultant, généralement facturés à la journée, est souvent mal compris par le grand-public.
En effet, il arrive que certaines personnes fassent le parallèle entre la facturation à la journée d’un consultant et leur propre salaire.
« Comment !?! tel consultant facture par jour ce que je gagne en un mois !, c’est impensable ! »
Cette remarque est parfois entendue, notamment lors des interventions auprès de société peu habituées à utiliser le service de consultants externes.
Il est bon de préciser plusieurs points :
- Le consultant est bien entendu soumis à charges sociales. Il doit intégrer dans ses honoraires les notions de congés payés et de « précarité », à l’instar des travailleurs intérimaires par exemple.
- Il a des frais fixes (bureau, matériel, téléphone).
Il est très raisonnable d’estimer qu’un consultant indépendant pourra toucher (en net imposable) de l’ordre du tiers de ce qu’il aura facturé. (Nota : cette approche n’est plus valable si le consultant travaille en sous-traitance pour un cabinet car le cabinet conservera un pourcentage conséquent du prix de la mission).
Par ailleurs, il faut intégrer que toutes les journées de travail ne sont bien évidemment pas facturées :
- Deux à trois journées par mois sont consacrées aux tâches administratives
- Plusieurs journées sont consacrées mensuellement aux démarches commerciales (rendez-vous, réunions, propositions commerciales dont le temps n’est pas facturé)
- La facturation des temps de préparation des missions est souvent minimisée pour ne pas alourdir le coût de l’intervention
- Le temps de « préoccupation » est toujours supérieur au temps facturé : un consultant passionné par son travail pensera à sa mission à tout moment (dans sa voiture, dans le choix de ses lectures, au cours de conversations)
En conclusion, il est raisonnable d’estimer qu’un consultant indépendant pourra obtenir par son activité un train de vie identique à celui qu’il connaîtrait dans une activité classique salariée, à niveau d’études et compétences identiques.
Il bénéficie en plus :
- D’une certaine liberté d’organisation
- Du choix de l’orientation de son activité, et par conséquent d’une passion pour son travail
- De l’attrait de missions variées auprès de décideurs et d’entreprises différentes
Il doit néanmoins faire face à :
- Une masse de travail très importante (loin des 35 heures !)
- Une sécurité de revenus très relative (pas de facturation = pas de revenus !)
- Une activité structurellement en dent de scie (sauf cas particulier)
© Christophe SCHMALTZ – CHARLIE MIKE – janvier 04