Chauffage au bois
Lorsque l'on parle de chauffage au bois, la première pensée qui vient à l'esprit est la bonne vieille méthode de nos grands-mères, la bûche que l'on mettait dans l'âtre, le fourneau qu'il fallait remplir avant qu'il ne s'éteigne, les bûches que l'on allait chercher au bûcher le bien nommé et, une fois débarrassé de ce fardeau encombrant, les copeaux jonchant le sol de la cuisine. Ces pratiques ont de moins en moins cours aujourd'hui. Depuis quelques années déjà, le bois énergie nouveau est arrivé, même si l'essentiel du bois de chauffage domestique demeure le bois bûche. En effet, six millions de familles en France brûlent près de 50 millions de stères par an. Pourtant, cela ne représente que 4 % de l'énergie primaire consommée en France.
Trouver du bois
Il existe trois principaux moyens d'approvisionnement pour le particulier. Le premier est l'autoconsommation (43%), c'est-à-dire que le bois est fourni par la propriété de l'utilisateur ou par celle d'un proche. Puis vient l'auto-approvisionnement (20%) qui consiste à acheter le bois en affouage, sur pied en forêt privée ou en bois de rebut récupéré dans une entreprise. Enfin, il s'agit de l'achat pur et simple en bois bûche chez un commerçant.
Les différents types de combustibles
Mis à part le bois bûche, il existe différents types de combustibles que l'on peut classifier d'après leur provenance. En effet, ceux issus de la forêt, tels que les plaquettes forestières, se présentent sous forme de morceaux de bois déchiquetés et sont, en général, calibrés pour servir de combustible à d'importantes chaufferies.
Les plaquettes forestières sont principalement issues de bois de sous-catégories ne pouvant être utilisés par les menuiseries.
Parmi les combustibles issus de l'industrie, on compte notamment les écorces récoltées lors de la première transformation des grumes, ces énormes billes de bois que l'on voit parfois sécher sur le bord des chemins forestiers.
Les copeaux et les sciures sont des produits issus de la seconde transformation du bois et recueillis dans les menuiseries ou les tourneries. Les sciures sont le composant de base des granulés, des briquettes ou bûchettes reconstituées.
Les plaquettes, semblables aux plaquettes forestières, sont réalisées à partir de bois façonné et mis au rebut.
Le granulé se présente sous la forme d'un petit rondin de sciure compressée de 1 cm de long sur 5 mm de diamètre environ. Il est utilisé indifféremment dans des poêles ou dans des chaudières à usage domestique. Un granulé est équivalent à un demi-litre de fuel. Les briquettes ou bûchettes forestières apparaissent sous diverses formes. Elles peuvent être de forme rectangulaire, de la taille d'une brique réfractaire ou en rondin de 10 à 15 cm de long sur 5 cm de diamètre. La sciure est alors compressée et agglomérée avec un liant d'origine végétale tel que l'amidon de maïs, par exemple.
Arrive enfin le bois de rebut qui est issu de la filière déchets, principalement récolté et utilisé en direct par les consommateurs.
Le bois énergie
Le bois de chauffage représente près de 20 % de l'énergie thermique liée à l'habitat. Près d'un ménage sur deux est équipé d'un appareil de chauffage, qu'il soit principal ou d'appoint. Cela représente un parc de 6,750 millions d'appareils, toutes typologies confondues et près de 1,4 million de cheminées ouvertes. Nous pouvons recenser trois modes d'utilisation du bois énergie au niveau domestique :
• l 'agrément, à travers les cheminées ouvertes, pour le plaisir de la chaleur du bois et de la vue des flammes ;
• le chauffage principal, utilisable en toutes saisons ;
• le chauffage d'appoint, idéal pour les habitations chauffées à l'électricité, afin de réduire les dépenses.
L'association d'idées entre le feu et le bois est immédiate. Et même si l'on a davantage l'habitude de voir le bois dans le foyer qu'autour, ce matériau n'en offre pas moins,
aux créateurs de cheminées, de voies à explorer dans divers matériaux et dans divers styles. Le chauffage de l'habitat individuel peut être diversifié par un grand nombre de technologies utilisant, comme nous venons de le voir, des combustibles différents.
Avoir le choix
Les cheminées à foyer ouvert ont pour atouts principaux l'esthétique et le plaisir. Il en existe de types et de styles très variés, totalement ou semi-encastrées, adossées ou en épi, centrales, modernes, classiques ou rustiques.
Pour installer l'insert, il est indispensable de bénéficier d'une cheminée ouverte. Ils sont composés de plaques de fonte encastrables et d'une plaque de vitrocéramique
qui constitue la porte de chargement. Ils sont munis d'une arrivée d'air qui permet de réguler la combustion, d'une admission et d'un réglage de l'air de combustion, d'une entrée d'air frais et d'une sortie d'air chaud.
Ce matériel a l'avantage d'améliorer le rendement de la cheminée et de chauffer plusieurs pièces de la maison, à travers le système de ventilation et le réseau de gaines lequel permet
la diffusion de la chaleur. Les inserts ne fonctionnent qu'avec la porte close.
Les cheminées à foyer fermé se raccordent à un simple conduit de fumée, mais peuvent être ornées d'un habillage de cheminée décoratif. L'air ambiant se réchauffe par un système d'ouverture en haut et en bas de l'appareil. La puissance de ces appareils peut leur permettre de chauffer plusieurs pièces de la maison. Comme les inserts, les modèles récents disposent d'un foyer à post-combustion.
Les poêles à bûches ont une chambre de combustion habituellement en fonte. Ils sont généralement dépourvus d'inertie et ne sont pas très performants en mode ralenti. Les modèles
de conception plus moderne sont des poêles en acier et/ou en fonte au rendement élevé et à l'inertie thermique limitée, ou des poêles classiques au rendement élevé, à émissions de carbone faibles, d'autonomie et d'inertie thermique importantes. Les poêles à bûches comportant une gestion de l'air ont une inertie moyenne, une combustion plus propre et un meilleur rendement.
Les poêles à bûches à combustion améliorée sont des appareils d'appoint exclusivement.
Ils sont munis d'une double arrivée d'air, d'une chambre de post-combustion et ont une inertie moyenne. Certains sont pourvus d'un bouilleur alimentant un ballon d'eau chaude et des radiateurs.
Les poêles à accumulation,
en masse ou en faïence, sont utilisés comme chauffage principal. Il sont performants grâce à une distribution de la chaleur par rayonnement et une régulation par tirage naturel. Composés de matériaux disposant d'une forte inertie comme les briques réfractaires, ils stockent l'énergie
et la restituent par une diffusion lente.
Les cuisinières, comme leur nom l'indique, servent essentiellement à faire la cuisine grâce à une plaque en fonte et un four mais peuvent jouer un rôle dans le chauffage d'appoint avec, selon les modèles, la possibilité d'une distribution d'eau chaude.
Les modèles équipés d'un bouilleur peuvent, tout comme les poêles à bûches, alimenter un ballon d'eau et quelques radiateurs.
Les chaudières à bûches diffusent la chaleur par l'intermédiaire du circuit de chauffage central et du ballon d'eau chaude. Ces dernières années, des innovations technologiques ont permis d'améliorer leurs performances. Les plus significatives sont le remplacement du tirage naturel
par une combustion assistée par ventilateur, une meilleure régulation (vitesse variable, systèmes à clapets…), et une autonomie doublée grâce à un plus gros magasin à combustible.
Les chaudières à granulés sont des chaudières à alimentation automatique. Elles prennent peu de place et sont faciles à intégrer au bâtiment.
La combustion est optimisée en permanence par une régulation poussée. Le granulé a un très haut pouvoir calorifique et un faible taux d'humidité. Les constructeurs, qui pratiquent régulièrement des tests de qualité produit, s'attachent à une qualité constante et normalisée,
sans poussières et sans résidus.
Le combustible est livré par camion-souffleur, dans un silo de petite taille. Celui-ci peut être dimensionné pour apporter un an d'autonomie.
Les granulés sont entraînés vers le fond du silo où une vis sans fin les conduit au foyer de la chaudière.
Compte tenu de l'augmentation constante du coût du chauffage au moyen de combustibles fossiles et de l'électricité, le chauffage au bois constitue une solution de rechange efficace. Dorénavant, davantage de familles, et particulièrement celles situées en milieu périurbain et au-delà, se tournent de nouveau vers cette source de combustible. L'installation d'un poêle à bois, d'un foyer ou d'un foyer encastrable à haute efficacité réduit les besoins en chauffage direct des parties inoccupées de la maison. Opter pour une combustion renouvelable, efficace et autosuffisante, telle que le bois, constitue un choix éclairé.
Article écrit par Jocelyne JOLY et paru dans la revue « Architecture Bois et Dépendances » du mois de Octobre/Novembre 2004