Qu’est ce que le mouvement ? Personnellement je le définirais de la manière suivante : « C’est une mobilisation d’énergie dirigée dans une direction. »
Bien sûr, pour qu’il y ait mouvement, il faut qu’il y ait liberté d’action. Imaginé un chien qui veut défendre la maison de son maître contre les voleurs qui s’y introduisent, s’il est attaché, il aura beau vouloir la défendre, il ne dépassera pas la longueur de sa laisse. Cette personne qui veut changer de région mais qui « s’attache » à son travail, à ses amis, à ce qu’elle connaît…aura beau vouloir changer, tant qu’elle n’agira pas sur ce qui la lie à sa situation actuelle, elle restera où elle est.
J’ai personnellement vécu ce phénomène lorsque j’ai décidé de quitter l’entreprise dans laquelle je travaillais depuis 2 ans. Ma motivation et mon implication pour réaliser les objectifs diminuées et par respect pour mon employeur j’ai préféré démissionner. Je n’avais pas d’autre proposition en vue et ne savais pas du tout de quoi demain serait fait, mais j’ai accepté de me détacher d’une situation qui ne suscitait plus chez moi l’enthousiasme dont j’ai besoin pour m’investir dans mon travail. Une fois libéré de mes amarres j’ai pu mobiliser mon énergie dans la recherche d’un nouveau job. Dans les faits, je me suis simplement rendu disponible en lâchant mon travail et j’ai pu saisir une opportunité très intéressante qui a donné une nouvelle dimension à ma vie professionnelle. Le poste en question devait trouver preneur immédiatement, je l’ai pris parce que j’étais libre de tout engagement. La liberté d’action c’est rendre fluide le mouvement autrement dit ne pas l’entraver : « lâcher prise ». Gandhi a dit cette phrase magnifique « Si tu veux augmenter ta liberté, diminue tes besoins. »
Prenons l’exemple d’une personne qui doit faire 1h30 de transport pour aller travailler. Quelques soient ses motivations, ce travail répond à un besoin et dans un premier temps la satisfaction de ce besoin engendre du plaisir. Après quelques temps, ces 3 heures de transport quotidiennes deviennent pénibles et empêchent la personne de pratiquer les activités qu’elle a envie, réduisent le temps qu’elle passe avec ses enfants et augmentent sa fatigue physique et nerveuse. Plus le temps passe et plus les conséquences liées aux heures de transport grandissent : irritabilité, cernes, diminution de la joie de vivre, prise de médicaments pour tenir la journée et dormir la nuit… Cela durera tant que la peur de mettre un terme à cette situation sera plus grande que la souffrance qu’elle génère.
La peur est un obstacle au mouvement important. Tout comme le photographe qui veut développer ses photos en les passant dans deux bains différents le révélateur et le fixateur, nous passons chaque volonté d’action au bain de nos peurs avant de les mettre en pratique. Suivant l’importance de nos peurs, nos volontés en ressortent plus ou moins intactes (plutôt moins que plus.) Nos choix sont en partie le résultat de se premier bain. Je dis en partie car il existe un second bain : celui de la souffrance et/ou du plaisir engendré par la situation présente ou à venir. Notre décision dépendra du résultat de ces deux bains.
Si la souffrance est plus importante que la peur nous ferons tout pour diminuer cette souffrance et donc changer tout ou partie de la situation. Si au contraire la peur de changer prend une plus grande place que notre souffrance ou que le plaisir lié au changement, nous nous accommoderons de la situation encore pour quelque temps…
L’homme cherche avec ferveur à comprendre puis à maîtriser ce qu’il ne connaît pas. Ce mécanisme est en partie dû au fait que ce qu’il ne connaît pas lui fait peur. Donc pour en avoir moins peur il faut connaître.
Pour se donner l’impression de maîtriser sa vie, l’homme se raccroche à ce qu’il connaît : son travail, sa ville, sa famille, ses amis, ses habitudes.
Métro, boulot, dodo, me parait être une aberration pour l’épanouissement des individus, mais cela permet de ne pas trop se poser de question sur demain et donc de rester en terrain connu.
Le lâcher prise dans cette configuration nous permet d’ouvrir la porte de l’inconnu en d’autres termes :
« c’est accueillir ce qui se présente comme une perpétuelle opportunité d’évolution et de progression. »
Le lâcher prise n’enlève pas les peurs, mais il aide à en comprendre le message et à poser des actions en fonction de ce que nous voulons vraiment.
Le lâcher prise ne cherche pas à rendre connu ce qui fait peur mais tout simplement à l’accueillir.
Il y a quelques temps, j’allais à un rendez-vous avec un collaborateur qui dirige sa propre entreprise. Au cours du trajet il me parle de la nouvelle plaquette qu’il a élaboré lui-même pendant 6 mois et de ses déboires avec la personne qui l’a mise en page et imprimée (2000 exemplaires). J’ai retenu la phrase suivante :
« - elle a fait trois fautes de frappe, si l’on veut vraiment être satisfait il faut faire les choses soi même. Les gens se satisfont du médiocre ici car ils ne sont pas mis en concurrence. »
Le lieu en question se situe en province dans une petite ville.
J’ai pu remarquer que lorsque j’étais dans le confort, cela me demandait des efforts pour en sortir. Le confort diminue notre acuité, notre vigilance et ramolli la volonté de l’individu dans son cheminement. Je compare cet état à une sorte de torpeur qui vient limité notre capacité d’action. Cette torpeur est paisible mais peut nous ralentir dans notre évolution jusqu’à stopper tous mouvements.
Dans le film le « Le dernier Samouraï », Tom Cruise est frappé par le fait que les Samouraïs recherchent la perfection dans chacun de leurs gestes. Cette quête les maintient en éveil. J’irais même jusqu’à dire que cela les rend nobles est beaux.
En fait plus vous vous satisfaisez du médiocre, plus vous réduisez l’éventail de vos possibilités. Je vais prendre l’exemple de la course à pieds. Vous courez 3 fois par semaine votre corps s’entraîne, s’habitue à l’effort, il est capable de répondre à des efforts de plus en plus long, vous développez votre liberté d’action en développant vos capacités pulmonaires, physiques et psychologique… Imaginez que vous vous arrêtiez de courir pendant 5 mois, vos muscles vont se relâcher, votre volonté va diminuer… Lorsque vous reprendrez la course à pieds vous n’aurez pas les mêmes capacités que 5 mois auparavant. Vous aurez réduit votre capacité d’action.
Ce sont celles qui vont m’empêcher d’agir, qui vont limiter mon espace de possibles et me fermer la porte de l’évolution.
Si je pense qu’à mon âge c’est trop tard pour entamer une nouvelle carrière, je ne ferais pas le premier pas vers cette possibilité puisque je suis convaincu que je n’y arriverais pas.
Si je pense que c’est impossible d’avoir une promotion dans mon entreprise, je ferais tout pour donner raison à ma croyance et je pourrai dire « vous voyez je vous l’avais bien dit que c’était impossible ! »
Nous faisons tout pour donner raison à nos croyances.
Les principales croyances limitantes sont de cet ordre :
§ Je ne suis pas capable,
§ C’est impossible,
§ Je ne le mérite pas,
§ Ce n’est pas important,
Aujourd’hui les messages limitants sont nombreux et de provenances diverses (professionnels, familiaux, sociaux, sportifs) :
§ tu n’y arriveras pas,
§ tu es fou dans la conjoncture actuelle tu vas échouer,
§ avec l’accident que tu as eu tu ne peux pas revenir à ton meilleur niveau,
§ tu t’occupes mal des enfants…
Une personne reçoit 8 messages limitants pour 2 messages positif. Si ces messages limitants sont étayés sur des faits et qu’ils se reproduisent régulièrement ils vont nourrir une croyance qui deviendra force de loi.
Il est important de prendre conscience qu’à la base de nos actions nous avons des croyances, en d’autres termes nos croyances conditionnent nos actes. Les croyances limitantes vont limiter notre liberté d’action.